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Cinéma
Moins d'un an après les premières expériences des frères Lumière, à Paris en 1895, le cinématographe a fait son apparition à Rio de Janeiro. Dix ans plus tard, la capitale était fière de posséder 22 cinémas, et le premier grand film brésilien, Les Étrangleurs, d'Antônio Leal, avait été projeté. Depuis, l'industrie brésilienne du cinéma a fait de solides progrès et bien qu'elle n'ait jamais été très vaste, sa production a su attirer l'attention internationale.
En 1930, époque encore du cinéma muet au Brésil, fut tourné un des premiers classiques du cinéma brésilien le film Limite, de Mário Peixoto. Il s'agit d'une œuvre aux allures surréalistes traitant des conflits propres à la condition humaine et de la manière dont la vie conspire pour empêcher un total accomplissement de l'individu. En 1933, les studios de Cinédia ont produit La Voix du Carnaval, le premier film avec Carmen Miranda. Ce film a introduit la chanchada, qui a dominé le cinéma brésilien pendant plusieurs années. Les chanchadas étaient des farces bouffonnes, en général remplies de numéros musicaux et très appréciées du public.
Vers la fin des années 40, au Brésil la production de films devint une industrie. La compagnie Vera Cruz a été créée à São Paulo dans le but de produire des films de qualité internationale. Elle a embauché des techniciens à l'étranger et ramené d'Europe Alberto Cavalcanti, cinéaste brésilien de renommée internationale, pour qu'il prenne la direction de la compagnie. Vera Cruz a produit quelques films importants avant de fermer en 1954, parmi eux, l'épique O Cangaceiro qui a gagné le prix de "Meilleur film d'aventures" au Festival de Cannes de 1953.
Dans les années 50, le cinéma brésilien a changé radicalement sa manière de faire des films. Dans son film de 1955, Rio 40 graus, le metteur en scène Nelson Pereira dos Santos a employé les techniques de tournage du néoréalisme italien, utilisant des gens ordinaires comme acteurs, et sortant dans la rue pour tourner son film, à petit budget. Nelson Pereira dos Santos devait devenir un des cinéastes brésiliens les plus importants, et c'est lui qui a posé la première pierre du mouvement brésilien cinema novo. D'autres metteurs en scène sont allés tourner en extérieurs et la production de films a augmenté. En 1962, O Pagador de Promessas, d'Anselmo Duarte a eu la Palme d'or au Festival de Cannes. À cette époque, le cinema novo avait créé un nouveau concept dans la production cinématographique brésilienne - "une idée à l'esprit et une caméra à la main". Les films du cinema novo traitaient de thèmes liés aux graves problèmes nationaux, depuis des conflits dans les zones rurales aux problèmes humains des grandes villes, ou réalisaient des versions cinématographiques de grands romans brésiliens. Vidas Secas, mis en scène par Pereira dos Santos, est basé sur un roman de Graciliano Ramos. Il raconte l'histoire d'une famille du Nord-Est chassée de son foyer par la sécheresse. Deus e o Diabo na Terra do Sol, de Glauber Rocha, traite de façon allégorique du fanatisme religieux et politique dans le Nord-Est. Noite Vazia reprend des thèmes urbains, intimes, dépeignant l'angoisse des gens seuls, habitant l'industrielle São Paulo.
À la fin des années 60, le mouvement tropicaliste avait conquis la musique, le théâtre et les scènes artistiques du Brésil. Il fit ressortir la nécessité de transformer toutes les influences étrangères en un produit national. Le cinéma lui aussi tomba sous ce charme; l'allégorie fut son moyen d'expression. Le film le plus représentatif du mouvement tropicaliste est Macunaíma, de Joaquim Pedro de Andrade, analyse très personnelle du caractère brésilien tel qu'exprimé dans l'histoire d'un Indien qui quitte la forêt amazonienne pour la grande ville, basé sur le roman homonyme de Mário de Andrade de 1922.
Travaillant à la même époque que les tropicalistes, un autre groupe de metteurs en scène, qui faisait aussi des films à petits budgets, est apparu à São Paulo et à Rio de Janeiro. Ce mouvement - cinema marginal - a produit des films, traitant de la société marginale des grandes villes. Citons particulièrement Rio Babilônia, de Neville d'Almeida, Matou a Família e foi ao Cinema, de Júlio Bressane, et O Bandido da Luz Vermelha, de Rogério Sganzerla.
L'activité cinématographique au Brésil fut largement stimulée par la création, en 1969, d'une agence gouvernementale pour le cinéma, l'EMBRAFILME, qui fut responsable de la coproduction, du financement et de la distribution d'un grand nombre de films dans les années 70 et 80. l'EMBRAFILME a cessé de fonctionner en 1990, mais elle a apporté une dimension commerciale à l'industrie cinématographique et lui a permis d'envisager des projets plus ambitieux. Parmi les films à succès du milieu des années 70 se trouvent Amuleto de Ogum, de Pereira dos Santos sur le candomblé, et Guerra Conjugal, de Joaquim Pedro de Andrade, qui, dans une série de sketches fondée sur un conte de Dalton Trevisan, relate les humeurs et les douleurs de la vie conjugale.
Dona Flor e Seus Dois Maridos, de Bruno Barreto, a été un succès international. Basé sur le roman de Jorge Amado, il raconte l'histoire d'une veuve qui vit une relation triangulaire avec son second mari et "l'esprit" de son défunt premier mari.
Dans les années 80, la fréquentation des salles a beaucoup baissé. Cela était dû en partie à la popularité de la télévision. Plusieurs salles ont fermé leurs portes, surtout à l'intérieur du pays. Cependant, quelques films importants ont été tournés. Plusieurs traitaient de questions politiques : Eles não usam black-tie, mis en scène par Leon Hirzman en 1981, raconte l'histoire d'une grève dans la zone industrielle de São Paulo; en 1984, Memórias do Cárcere, de Nelson Pereira dos Santos, basé sur le livre de Graciliano Ramos, raconte la vie de prisonniers politiques pendant les années 30. En 1985, A hora da estrela, mis en scène par Susana Amaral, et ayant pour base un roman de Clarice Lispector, relate la poignante histoire d'une jeune fille, migrant du Nord-Est vers une grande métropole.
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