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Histoire
Les découvertes des expéditions portugaises (1487 - 1500)
Aux 15e et 16e siècles, le Portugal, royaume ibérique d'à peine un million d'habitants, était pris en tenaille entre l'Atlantique et la Castille ennemie. Après des années de lutte contre l'occupation des Maures, les Portugais tournèrent leur attention et leur énergie vers la mer et ce qui s'étendait au-delà.
Ils commencèrent à chercher la route de l'Orient, en descendant la côte africaine. Ils atteignirent ainsi le cap de Bonne-Espérance, en 1487, et effectuèrent la traversée de l'océan Indien à la découverte de la route maritime vers l'Extrême-Orient en 1498, conduits par le navigateur Vasco de Gama. Ils connaissaient l'existence de terres de l'autre côté de l'Atlantique, et il est possible qu'ils aient effectué des expéditions vers l'Occident, avant que Colomb ne découvre l'Amérique, en 1492.
Le traité de Tordesilhas (1494) trancha la question de la possession des nouvelles terres entre l'Espagne et le Portugal. Il fut décidé que les territoires se trouvant à l'est d'un méridien passant à 370 lieues à l'ouest des îles du Cap-Vert appartiendraient au Portugal, et que les terres se trouvant à l'ouest appartiendraient à l'Espagne. Cette ligne imaginaire, allant d'un pôle à l'autre, traversait la partie la plus orientale du continent sud-américain; ce fut la première frontière du Brésil, même si la découverte ne fut faite par Pedro Álvares Cabral que six ans plus tard, le 22 avril 1500.
L'occupation organisée ne commença qu'en 1530, quand le Portugal envoya les premiers colons avec des animaux domestiques, des plantes et des graines pour installer des colonies permanentes. Les petites enclaves existant dans le Nord-est furent renforcées. São Vicente, sur la côte de l'État de São Paulo, fut fondée en 1532, et la ville de Salvador, choisie plus tard pour être le siège du gouverneur général, en 1549. Le pays était peuplé de façon clairsemée par les tribus indiennes, certaines pacifiques, d'autres, surtout à l'intérieur des terres, féroces et belliqueuses. Très tôt, un système d'administration devint nécessaire. En premier lieu, la Couronne portugaise créa un certain nombre de fiefs, ou capitaineries héréditaires. Quatorze de ces capitaineries - quelques-unes plus grandes que le Portugal lui-même - furent créées à la moitié du 16e siècle, leurs bénéficiaires, appelés donataires (donatários), étaient responsables de leur défense et de leur développement.
Le système des capitaineries a duré suffisamment longtemps pour influencer le modèle territorial et politique de base du Brésil moderne, et plusieurs des États qui composent la Fédération ont d'ailleurs gardé leur nom du temps de la Capitainerie.
Les premiers colonisateurs (1500 - 1580)
Le voyage de Cabral fut aussitôt suivi par d'autres expéditions portugaises. La richesse la plus exploitable que celles-ci rencontrèrent était un bois qui produisait des colorants rouges et pourpres, le pau-brasil. La nouvelle colonie, qui fut d'abord appelée Ile de la Vraie Croix et ensuite Terre de la Sainte Croix, à cause de la constellation de la Croix du Sud visible dans le ciel, prit bientôt pour nom définitif, celui de cette première richesse, et finit par s'appeler Brésil.
La période coloniale
Le littoral humide et fertile de l'actuel État de Pernambuco était très propice à la culture de la canne à sucre, et également suffisamment bien situé en tant que port accessible aux bateaux à voile faisant route du Portugal vers l'Afrique occidentale et l'Orient. La canne à sucre et la technique de sa culture avaient gagné le Brésil depuis Madère. Un commerce triangulaire prospère s'était vite développé, fondé sur l'importation d'esclaves d'Afrique occidentale pour les plantations de canne à sucre. Le sucre était exporté vers l'Europe, où la demande croissante commençait à dépasser la capacité d'approvisionnement par les sources traditionnelles.
L'union de l'Espagne et du Portugal (1580 - 1640)
Ce développement fut interrompu par des événements en Europe. Quand le roi Sébastien du Portugal mourut en 1578, à l'extinction de la dynastie des Aviz en 1580, Philippe II d'Espagne réclama la succession du trône vacant de Lisbonne. De 1580 à 1640, les deux royaumes péninsulaires furent réunis sous la couronne espagnole. Les Hollandais, en guerre contre l'Espagne qui convoitaient les riches colonies portugaises, saisirent l'occasion pour attaquer le Nord-est du Brésil et s'y installèrent pendant presque 24 ans. La lutte contre l'envahisseur hollandais qui aboutit à leur expulsion, fut la première manifestation de l'identité nationale brésilienne. Paradoxalement, l'union du Portugal et de l'Espagne conféra des avantages inespérés à sa colonie transatlantique. En l'absence de frontières, les Portugais pénétrèrent plus profondément à l'intérieur des terres, au-delà des limites établies par Tordesilhas. Un des principaux points de départ de cette exploration, outre le Pernambuco et Bahia, fut la capitainerie de São Vicente, et de leur base de São Paulo, les pionniers repoussèrent la frontière du littoral vers l'intérieur. Ces expéditions (connues sous le nom de Entradas et Bandeiras) à la recherche d'esclaves indiens et de richesses minérales, traversèrent la forêt, gravissant les escarpements abrupts et marchant d'un bout à l'autre du plateau à l'intérieur des terres.
Les hommes qui formaient ces expéditions, les Bandeirantes, ont considérablement contribué à repousser les frontières du futur Brésil indépendant.
L'expansion territoriale (17e siècle)
En 1640, recouvrant leur indépendance, les Portugais refusèrent d'abandonner les terres qu'ils avaient occupées et colonisées à l'ouest de la ligne de Tordesilhas. Revendiquant ce qui était depuis reconnu en droit international comme droit de uti possidetis - droit dérivé non seulement du titre mais également de la possession d'usage -, les Portugais réussirent à s'instaurer eux-mêmes propriétaires de droit. Le déclin de la production de sucre, dans la seconde moitié du 17e siècle, coïncida avec un mouvement en direction des territoires inexplorés en dehors des régions de culture sucrière.
La découverte de l'or (18e siècle)
La conséquence la plus importante de ces expéditions fut la découverte de l'or. Bien que la course vers l'or qui s'ensuivit ait drainé des milliers de personnes des plantations côtières, elle attira également une nouvelle vague d'immigrants du Portugal. Les autres conséquences furent l'intensification de l'élevage de bovins à l'intérieur du pays, pour approvisionner les centres miniers en viande et en cuir, et l'émergence de nouvelles villes dans ce qui est aujourd'hui l'État de Minas Gerais. Au total, presque 1 000 tonnes d'or et 3 millions de carats de diamants furent extraits de la région entre 1700 et 1800. Le développement de l'extraction de l'or, au Brésil, influença le cours des événements non seulement dans la colonie, mais également en Europe. Bien que l'or ait été contrôlé par le Portugal et envoyé à Lisbonne, il n'est pas resté sur place. En vertu du traité de Methuen de 1703, l'Angleterre fournissait des produits textiles au Portugal. Ceux-ci étaient payés avec l'or des mines brésiliennes, qui finança ainsi la révolution industrielle anglaise.
Le café
Mais le "boom" de l'extraction de l'or et des diamants, comme celui du sucre, devait être suivi par une source de richesse encore plus importante, le café. De même que l'extraction avait provoqué une migration du Pernambuco, de Bahia et de São Paulo vers le minas Gerais, l'extension de la culture du café entraîna la colonisation de terres vierges encore plus au sud. Le café était arrivé au Brésil par la Guyane française au 18e siècle. Les premières plantations importantes se trouvaient dans des zones situées à l'intérieur des terres bien "fournies" en travailleurs esclaves, dans la région de Rio de Janeiro; mais le processus qui aboutit à l'abolition de l'esclavage et l'immigration européenne, notamment vers l'État de São Paulo, à la fin du 19e siècle, entraînèrent le déplacement de la culture du café en direction du sud, dans des régions où l'ensemble des conditions du sol, du climat et de l'altitude créait un environnement idéal. Cet environnement favorable fit du Brésil le plus grand producteur de café du monde. Autre événement important de la seconde moitié du 18e siècle, le transfert du siège du gouvernement colonial. Après plus de deux cents ans, la capitale fut transférée de Salvador à Rio de Janeiro, qui dominait la principale route d'accès vers le minas Gerais et était plus proche des centres des régions méridionales de la colonie, dont la population ne cessait de croître.

Le sentiment national
Le rôle du Portugal pendant la période où il a gouverné le Brésil, a été essentiellement d'intermédiaire entre la colonie productrice et les centres économiques européens consommateurs. En monopolisant tout le commerce avec le Brésil, le Portugal gardait une partie substantielle des profits, ce qui provoqua le mécontentement des colons. Depuis les invasions hollandaises et françaises dans la région Nord-est, au début du 17e siècle, les habitants du Brésil avaient développé un sentiment nationaliste né de la lutte contre les envahisseurs. Les agitations, et les troubles découlant du désir ardent de s'assurer la liberté politique, commencèrent vers la seconde moitié du 18e siècle. Les premiers mouvements contre les autorités portugaises étaient clairement de portée régionale.
La conspiration de Minas (Conjuração Mineira), le plus significatif de ces mouvements isolés du 18e siècle, se déroula en plein centre de ce qui était alors la région d'extraction de l'or. Le grand héros et martyr de cette conspiration fut un jeune officier de cavalerie, Joaquim José da Silva Xavier, dit Tiradentes ("l'arrache-dents", compte tenu de sa dextérité comme dentiste).
Tiradentes s'était mis en rapport avec des intellectuels partageant les idées libertaires qui avaient inspiré les Encyclopédistes français et les leaders de la Révolution américaine. La conspiration fut découverte en 1789, et ses chefs sévèrement punis par l'exil en Afrique. Seul Tiradentes fut condamné à mort et pendu, le 21 avril 1792, sur une place publique qui aujourd'hui porte son nom, à Rio de Janeiro. D'autres incidents, se produisirent au Pernambuco et à Bahia, où le déclin de l'économie du sucre avait aggravé les problèmes créés par le système colonial. Néanmoins, aucun ne fut suffisamment important à cette époque pour ébranler la domination portugaise.
Le transfert de la Cour portugaise au Brésil (1808 - 1821)
En 1807, quand les armées de Napoléon entreprirent d'envahir le Portugal, le Roi Jean VI, alors régent, décida de partir avec sa cour pour le Brésil, et arriva à Rio de Janeiro en 1808, où il devait rester jusqu'en 1821. L'installation de l'administration royale dans la colonie, pour une période de quatorze ans, accéléra la marche vers l'indépendance. Le pouvoir royal portugais, prit quelques mesures administratives qui facilitèrent paradoxalement la transition vers l'indépendance. L'élévation du Brésil, en 1815, du statut de colonie à celui de royaume uni au Portugal en est un exemple.
Un autre exemple repose sur le fait que, bien que la domination de Napoléon sur le Portugal ait pris fin en 1811, le roi João VI ait préféré rester à Rio de Janeiro, jusqu'en 1821. Il rentra à Lisbonne, mais laissa le prince héritier de la Couronne à Rio, sous le titre de vice-roi régent. En partant, le roi aurait sagement conseillé à son fils : "Pedro, mon fils, si le Brésil devient indépendant, place la couronne sur ta tête, avant qu'un aventurier ne la place sur la sienne".
Le réveil du Sentiment National (1817)
En 1817, alors que rien ne laissait supposer que le Brésil puisse se révolter contre le Portugal, dont le Roi était toujours à Rio de Janeiro, la province de Pernambuco, suivie par celle de Paraíba, dans le Nord-est, se constituèrent en républiques, et proclamèrent l'indépendance du Brésil. Bien qu'elle n'ait résisté aux forces royales que pendant trois mois environ, cette révolution fut le point de départ du mouvement d'indépendance. Tous les principaux leaders furent vite jugés et mis à mort par la couronne portugaise ; ils sont devenus, avec Tiradentes, les proto-martyrs de l'indépendance brésilienne.
La proclamation de l'indépendance
L'essor des sentiments républicains, l'opposition constante des politiciens de Lisbonne à ce que D. Pedro reste au Brésil, et l'action des conseillers brésiliens, entraînèrent le jeune prince vers la cause de l'indépendance. Ainsi, le 7 septembre 1822, à peine un an après le retour du roi au Portugal, le prince héritier de la Couronne proclama l'indépendance du Brésil en tant qu'empire, et fut solennellement couronné empereur, à Rio, le 1er décembre 1822, sous le nom de Pedro Ier. Tandis que les vice-royaumes espagnols d'Amérique devaient lutter avec acharnement pour leur indépendance (pour aboutir à 18 républiques différentes), le Portugal et le Brésil réglèrent leur problème par la négociation. Après une guerre d'indépendance relativement courte (1822- 1824), et qui se limita à Bahia et au Pará, le Brésil se consolida en tant qu'empire sous le règne de Pedro Ier qui, restait néanmoins, l'héritier du trône portugais.

Pedro Ier (1822 - 1831)
Le premier dirigeant du Brésil indépendant avait une personnalité marquante. Il a fortement contribué à l'accélération de l'évolution sociale et politique du 19e siècle, en accordant au Brésil, en 1824, une charte constitutionnelle très en avance sur son temps. En 1826, à la mort de João VI, Dom Pedro hérita du royaume de son père. Pourtant, il abdiqua du trône portugais très peu de temps après, au bénéfice de sa fille, l'infante Maria da Glória, qui devint la reine Maria II. En 1831, il abdiqua du trône du Brésil au bénéfice de son fils Pedro II, qui n'avait alors que sept ans. Cette décision, en partie provoquée par des différends avec le parlement brésilien, était également motivée par son esprit aventureux qui l'amena à rentrer au Portugal pour évincer son frère Miguel, qui avait usurpé le trône de la jeune reine Maria.
Pedro II (1831 - 1889)
À la différence de son père, Pedro II fut un monarque austère, modéré et érudit. Durant son règne d'un demi-siècle, le Brésil a atteint la maturité politique et culturelle et l'unité du pays fut assurée. Les institutions politiques et sociales se développèrent dans un climat de paix. Une administration compétente fut créée, et l'esclavage progressivement éliminé jusqu'à son abolition totale en 1888. L'immigration européenne fut activement encouragée et des systèmes de santé projetés à l'échelle nationale. L'influence exercée par l'empereur sur le peuple et les institutions du pays ont beaucoup fait pour garantir une transition de la monarchie vers la république, quand elle s'est finalement produite, sans bain de sang.

La fin de l'empire : l'abolition de l'esclavage (1888)
L'abolition définitive de l'esclavage est habituellement considérée comme l'une des causes de la chute de la monarchie. L'empereur étant en Europe, sa fille, la princesse Isabel, gouvernait comme régente. Le 13 mai 1888, ayant compris que l'esclavage en tant que système économique s'effondrait, et cédant aux raisons des abolitionnistes, elle signa la "Loi d'or" (Lei Áurea) qui abolissait l'esclavage au Brésil. Une remarque doit être faite: à la fin du 19e siècle, au Brésil, l'esclavage connut une phase de déclin sous la pression des travailleurs immigrés, dont les salaires revenaient moins cher que l'entretien des esclaves.
La Lei Áurea provoqua néanmoins une réaction chez les propriétaires d'esclaves, érodant rapidement les fondations politiques de la monarchie. Après quelques mois de crise parlementaire, l'empereur fut renversé, le 15 novembre 1889, par un mouvement militaire qui, avec le Maréchal Deodoro da Fonseca à sa tête, proclama l'abrogation de la monarchie et l'instauration de la république Bien que traités avec tout le respect possible, l'empereur et sa famille furent obligés de quitter le pays. Accompagnés de quelques proches, ils s'exilèrent en France, où l'empereur mourut quelques années plus tard. Nombre de grandes figures du pays accordèrent leur soutien et leur collaboration au nouveau régime, parmi lesquelles un des plus éminents hommes d'État brésilien, le baron de Rio Branco. Sa sagesse et ses dons de diplomate permirent de régler, par des traités ou des arbitrages, presque tout le tracé des frontières du Brésil.
La fédération et le système présidentiel
La première république adopta un système fédératif qui a gardé les mêmes caractéristiques jusqu'à ce jour. Avec la fédération, les provinces de l'empire ont été transformées en États. Le système parlementaire a été remplacé par un système présidentiel ; le congrès à deux chambres (Chambre des députés et Sénat) a été conservé et une Cour suprême entièrement indépendante a été créée. Au niveau des États, une structure semblable fut adoptée. Les présidents, élus selon des règles constitutionnelles se succédèrent jusqu'en 1930, le premier président étant le Maréchal Deodoro da Fonseca.
La "Nouvelle République" (1930 - 1937)
Ce que l'on a appelé "l'Ancienne République" prit fin en 1930, quand, pour la première fois dans l'histoire de la République, le gouvernement fut renversé par la force. Un des objectifs du mouvement révolutionnaire victorieux, mené par Getúlio Vargas, était la réforme d'un système électoral et politique qui, en l'absence de partis nationaux forts, avait abouti à une pratique qui consistait à n'élire que des présidents soutenus par les gouverneurs des États de São Paulo et de Minas Gerais. Getúlio Vargas, qui devait gouverner le Brésil les quinze années suivantes, arriva au pouvoir à une période troublée. Le pays subissait les effets de la dépression mondiale qui avait fait chuter de manière brutale le prix du café. La scène politique intérieure fut non seulement affectée par la crise financière qui en résulta, mais également, tout au long de la décennie, par les heurts entre les minorités militantes qui s'inspiraient des idées fascistes ou communistes.
Autorité et changement
En 1934, après que le régime de Vargas se fut consolidé, une nouvelle Constitution fut instaurée, qui élargissait considérablement le droit de vote, notamment aux femmes. Fin 1937, peu avant les élections présidentielles, l'atmosphère politique tendue et la confusion semée par certaines activités politiques, conduirent le président Vargas à déclarer l'état d'urgence.
Vargas a dissout ensuite le Congrès et assumé des pouvoirs extraordinaires pour pouvoir gouverner par décret sous une charte autoritaire. Malgré ces temps difficiles, quelques mesures importantes furent adoptées, dont l'instauration d'une législation avancée en matière de bien-être social, une réforme du système éducatif et un progrès substantiel de l'industrialisation, incluant la construction de la première grande usine sidérurgique du Brésil. Quand éclata la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement de Vargas ne put ignorer la préférence spontanée de la majorité des Brésiliens pour les Alliés. Le sentiment populaire, enflammé par les actions hostiles des sous-marins allemands sur la côte brésilienne, força le président à renoncer à sa neutralité. En août 1942, Vargas déclara la guerre aux puissances de l'Axe. Le Brésil équipa une force expéditionnaire de 25 000 hommes qui luttèrent en Italie. Le Brésil fut le seul pays latino-américain à envoyer des forces armées en Europe pendant cette guerre, où des soldats brésiliens sont morts pour défendre la démocratie.
Peu de temps après la fin de la guerre en Europe, Vargas fut contraint de démissionner et des élections eurent lieu pour lui désigner un successeur. Se rendant aux urnes pour la première fois depuis quinze ans, l'électorat donna la majorité au général Eurico Gaspar Dutra, qui avait été ministre des Armées de Vargas pendant la guerre.
Une nouvelle Constitution démocratique fut approuvée par l'Assemblée constituante en 1946, qui resta en vigueur jusqu'en 1967. Le mandat de Dutra s'acheva en 1951. Pendant ce temps, Vargas, qui s'était exilé dans sa ferme du Rio Grande do Sul, se préparait pour les élections. Il récolta les fruits de ses mesures progressistes dans le domaine de la législation syndicale, et, à la fin du mandat de Dutra, fut constitutionnellement élu président de la République, et forma un gouvernement à tendance socialiste et nationaliste. En 1954, au beau milieu d'une âpre crise politique, Vargas se suicida d'un tir de revolver dans le coeur. Le Brésil vécut ensuite cinq années d'expansion économique accélérée sous la présidence de Juscelino Kubitschek (1956-1961), le fondateur de Brasília.
Le président Jânio Quadros, qui lui succéda, démissionna après moins d'un an d'exercice. Le vice-président, João Goulart, un leader de gauche, ne put prêter serment qu'après que le Congrès eut voté à la hâte et sous la pression des forces militaires, en faveur d'un système parlementaire qui limitait de manière drastique les pouvoirs présidentiels. Cependant, lors d'un plébiscite réalisé quatorze mois plus tard, les électeurs choisirent de restaurer l'ancien système présidentiel. L'inflation galopante et la polarisation politique entre la gauche et la droite menèrent à deux ans et demi d'agitation politique et sociale et de crise économique. Craignant les penchants marxistes de Goulart, les militaires le renversèrent finalement par un coup d'État en 1964.
Le régime militaire
La période de 1964 à 1985 fut marquée par des gouvernements militaires. Cette période vit se succéder cinq présidents, tous généraux. Des amendements importants furent apportés à la Constitution qui donnait aux Présidents des pouvoirs extraordinaires. Pendant quinze ans, de 1968 à 1983, le Gouvernement promulgua plusieurs Actes institutionnels qui étaient en réalité des décrets présidentiels. Nombre de droits individuels et collectifs furent suspendus pendant cette période. Des mesures d'austérité affectèrent la vie politique, économique, sociale et culturelle. En 1979, le cinquième général-président commença son mandat. Ce fut également le début de "l'ouverture" (abertura), processus de restauration des droits politiques, sous l'intensification des revendications populaires en faveur d'un retour à la démocratie. En 1982, eurent lieu des élections directes pour les gouverneurs des États, les premières du genre depuis 1965.
Le retour à la démocratie (1985 - 1989)
En 1984, des manifestations se produisirent dans tout le pays demandant des "élections directes immédiatement" (Diretas já), pour choisir un nouveau président. En janvier 1985, Tancredo Neves fut choisi comme président de la République par un collège électoral. Son élection était significative, non seulement parce qu'il était le premier président civil à être élu en vingt-et-un ans, mais également parce qu'il était le candidat d'une coalition d'opposition. Le 14 mars 1985, à la veille de son investiture, Neves fut transporté d'urgence à l'hôpital, terrassé par une maladie qu'il avait supportée pendant plusieurs mois. José Sarney, le vice-président, devint le président en exercice.
Quand Neves mourut cinq semaines plus tard, José Sarney prêta serment en tant que président, promettant de poursuivre la voie ouverte par Tancredo Neves. La priorité du président Sarney fut de convoquer des élections générales, afin de réunir une Assemblée nationale constituante, chargée de rédiger une nouvelle constitution. Jamais, dans l'histoire du Brésil, on n'avait observé un degré aussi élevé de participation populaire à la préparation d'une charte. Après dix-huit mois de délibérations, une nouvelle constitution fut promulguée le 15 octobre 1988. Sarney réussit, sous son mandat, à consolider le retour à la démocratie.
Un président est déchu constitutionnellement (1989 - 1992)
En novembre 1989, à l'issue de la première élection présidentielle directe depuis 1960, Fernando Collor fut élu président. Le 29 septembre 1992, à la suite d'allégations de corruption au sein de son gouvernement, Collor fut suspendu de ses fonctions de président, pour 180 jours, par la Chambre des députés. Pendant cette période, le Sénat devait mener la procédure à son terme, et décider si le Président devait être écarté du pouvoir à titre définitif. Le 29 décembre 1992, quelques minutes après que le Sénat eut commencé à le juger pour corruption, Collor démissionna, mais le Sénat décida néanmoins de le démettre de ses fonctions à une large majorité. Ces événements ont marqué l'histoire politique du Brésil. C'était la première fois dans une république démocratique qu'un Président était déchu suivant un processus constitutionnel.
La transition (1993 - 1994)
À la suite de la destitution de Fernando Collor, son vice-président, Itamar Franco, fut investi pour les deux années restant jusqu'à la fin du mandat de cinq ans. Itamar franco ne se contenta pas d'assurer une simple transition, puisqu'il lança le plan Real, véritable tournant pour l'économie brésilienne, lequel a créé une nouvelle monnaie pour le pays, le Real, et a réussi à mettre fin à une inflation élevée, presque endémique.
Un nouveau président pour le Brésil (1994)
En octobre 1994, Fernando Henrique Cardoso fut élu président de la République pour un mandat ramené à quatre ans suite à une révision de la Constitution. Sénateur, membre fondateur du Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB), il fut ministre des Relations extérieures, puis ministre des Finances d'Itamar franco, et chargé à ce titre de la mise en place du plan Real. Fernando Henrique Cardoso a pris ses fonctions le 1er janvier 1995. Les élections présidentielles au Brésil ont eu lieu le 4 octobre 1998, et M. Fernando Henrique Cardoso a été réélu au premier tour.
Un président du Parti des Travailleurs est élu (2002)
En octobre 2002, Luiz Inácio Lula da Silva, membre du Parti des Travailleurs (PT) est élu président de la République pour un mandat de quatre ans.

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